Je ne fais pas de la photographie pour documenter mais comme un peintre fait une toile, comme un sculpteur modèle la matière ou un écrivain qui joue avec les mots. Pour moi, l’appareil photo est un point de départ, pas une fin. Mon travail consiste à inventer, à mettre en scène, à transfigurer la réalité.
Ce n’est donc pas pour moi un simple témoignage du réel. Elle est un pont entre l’intérieur et l’extérieur, entre ce que l’on voit et ce que l’on ressent. Chaque image naît d’une tension : celle entre l’humain et l’infini, entre la présence et l’absence. Mon travail explore ces espaces suspendus, ces instants hors du temps où l’on se retrouve face à soi-même.
Créer, pour moi, c’est chercher la beauté dans le trouble. C’est faire silence, pour mieux écouter l’écho des choses.
J’aime qu’on ne sache pas, en regardant une de mes œuvres, où commence le réel et où s’achève l’imaginaire. C’est ce “flou” qui m’intéresse. Il laisse de la place à l’interprétation, à la rêverie, à mes ”Rêvalités".
"Rêvalités” n’est pas un lieu géographique : c’est un état. Un étroit passage entre ce que l’on vit et ce que l’on ressent. Entre ce que l’on est, et ce que l’on devient. J’y vais pour me perdre.