Je suis né et j’ai grandi à Toulouse.
Mon parcours s’est construit entre des espaces différents : quartier populaire, périphérie pavillonnaire, campagne; et entre deux héritages culturels distincts, français et marocain, que j’ai appris à faire cohabiter sans cadre ni mode d’emploi.
Avant la photographie, l’écriture et le rap ont occupé une place centrale. Cette pratique m’a formé au rythme, à l’exposition de soi, au rapport au collectif et à la désillusion. Elle m’a surtout appris à regarder le monde et à m’y situer.
La photographie est arrivée sans stratégie. Comme un déplacement. Là où la musique me plaçait au centre, l’image m’a permis de me tenir à côté. De regarder sans performer. De rester.
J’ai commencé par la rue, les amis, les concerts, les bars, les fins de nuit. Je photographiais parce que j’étais là, sans attente, sans pression. L’appareil a pris la place du carnet. Un voyage solitaire au Pérou a confirmé cette évidence : photographier était l’endroit juste.
Depuis, je travaille par immersion et par projets au long cours. Mon écriture oscille entre documentaire et recherche plastique, entre netteté et altération. Je photographie depuis l’intérieur, au contact du réel et de moi-même.