Née à Donetsk, en Ukraine, et basée à Paris, Julia Dalton développe une pratique picturale à la croisée de l’abstraction expressionniste, de la mémoire et de la transformation des paysages. Son parcours entre l’Ukraine, l’Allemagne, la Belgique, les États-Unis et la France nourrit une réflexion sur l’identité, les racines, l’appartenance et les territoires traversés.
Ancienne traductrice et interprète, elle s’intéresse aux limites du langage et à ce qui échappe aux mots. Dans son travail, la peinture devient un espace de traduction sensible où couleur, rythme et matière transmettent émotions, souvenirs et récits que le langage verbal ne peut pleinement contenir.
Formée dès l’enfance aux pratiques textiles — couture, broderie, tricot et crochet —, elle conserve un rapport profond à la matière et à sa capacité à porter une mémoire. Aujourd’hui, ces influences se retrouvent dans de grandes compositions à l’acrylique où se mêlent stratifications, gestes spontanés, fragments textiles et expérimentations matérielles.
Entre paysages réels et territoires intérieurs, ses œuvres explorent les traces laissées par le temps, les migrations et les bouleversements historiques. Elles composent des cartographies émotionnelles où mémoire personnelle et mémoire collective se rencontrent, transformant le paysage en témoin de l’expérience humaine. Son engagement auprès de personnes réfugiées et sans-abri à Paris prolonge cette réflexion sur l’exil, la résilience et la reconstruction.